“Spiritualité et Ostéopathie”, Résumé de lecture par Viviane Camirand
Résumé de l’article:
Rafael Zegarra-Parodia, Jerry Draper-Rodi, Jason Haxton et Francesco Cerritelli:
The native American heritage of the body-mind-spirit paradigm in osteopathic principles and practices
Résumé de Viviane Camirand
L’article se veut un commentaire ayant pour objectif de décrire la spiritualité et la médecine des Premières Nations, ainsi que d’établir le lien avec la vision de l’ostéopathie d’Andrew Taylor Still. Ensuite, il présente la neuroscience pouvant expliquer la médecine chamanique et son application en ostéopathie.
L’écrit s’inscrit dans un contexte où de nouveaux artefacts sont présentés au public au musée de médecine ostéopathique de Kirksville, Missouri, documentant la connexion entre Still et les Shawnees. Il s’insère également dans un climat de forte dualité entre l’approche mind-body et mind-body-spirit, qui divise actuellement les praticiens en ostéopathie.
L’hypothèse de départ de l’auteur est que l’ostéopathie constitue une approche unique, intégrant un héritage de médecine holistique autochtone et une science fondée sur des faits. Elle se positionne ainsi comme une thérapie plus inclusive. Comme méthodes, l’auteur mène des recherches sur la médecine traditionnelle autochtone et les met en parallèle avec les écrits de Still et des artefacts attestant du lien entre ce dernier et la tribu des Shawnees. Il élabore également un tableau comparatif entre la médecine chamanique, l’ostéopathie et la médecine traditionnelle. Les tribus Shawnee et Lakota ont contribué à la collecte et à la vérification des informations, ce qui renforce la valeur de l’article en intégrant la vision autochtone. De plus, l’auteur résume des études déjà menées sur la théorisation des expériences spirituelles et leur application concrète en ostéopathie.
Les résultats obtenus montrent que l’ostéopathie, telle que perçue par Still, représente un compromis entre la médecine traditionnelle et le chamanisme. Elle intègre notamment la dimension holistique de la médecine autochtone tout en restant fondée sur des preuves scientifiques. En s’appuyant sur des écrits antérieurs, l’auteur avance que le spirituel fait partie de la définition d’une santé globale. Cela s’intègre au modèle BPS de la médecine moderne, notamment à travers l’écoute empathique, la recherche de but et de sens pour l’individu. Le modèle Bio-Psycho-Social ainsi formulé aurait eu des effets positifs observés. Par ailleurs, certaines recherches démontrent diverses applications scientifiques de la dimension spirituelle. Par exemple, poser les mains sur le patient correspond à l’usage d’un toucher bienveillant influençant les circuits d’interoception. Cependant, si les études neuroscientifiques présentées sont intéressantes d’un point de vue théorique, elles manquent d’expérimentations pratiques, ce qui constitue une limite de l’article.
L’auteur conclut que l’ostéopathie moderne devrait répondre à tous les besoins du patient, y compris la dimension spirituelle. Toutefois, cette approche doit rester ancrée dans des modèles scientifiques afin de garantir une pratique professionnelle et éthique. Cette conclusion est particulièrement pertinente pour l’avenir de l’ostéopathie, car le spirituel constitue effectivement l’un de ses fondements. Son intégration officielle nécessiterait néanmoins des recherches scientifiques approfondies. Cette avenue en neurosciences présente un fort potentiel et pourrait conduire à des découvertes significatives. L’article gagnerait en qualité avec davantage d’études de cas concrets afin de renforcer la pertinence des constats en neurosciences. Enfin, une réflexion s’impose sur les moyens d’éviter une dérive spirituelle dénuée de fondement scientifique en cas de reconnaissance officielle de la spiritualité en ostéopathie, ainsi que sur les défis éthiques que cela pourrait soulever.